Fatima de Philippe Faucon les 21 et 22 septembre 2015

Philippe Faucon, formidable réalisateur de « Samia » , « La trahison »ou encore « La désintégration », viendra présenter son dernier film « Fatima »(2015-1h19) le 21 septembre au Comoedia et Gerard Philipe et le 22 aux Alizés de Bron.

Synopsis :affiche Fatima

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont son moteur, sa fierté, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

Genèse du projet:

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 Le film est adapté du livre « Prière à la lune » de Fatima Elayoubi, qui est un petit recueil de poèmes, de pensées et de fragments écrits divers. C’est la productrice Fabienne Vonier (laquelle n’a, par la suite, pas pris part au film) qui l’a proposé à Philippe Faucon, lequel s’est immédiatement demandé comment en tirer un film. Sa rencontre avec l’auteur du livre a accéléré les choses. Le metteur en scène explique : « J’ai mieux compris l’intuition qu’avait eue Fabienne quand j’ai rencontré Fatima Elayoubi, qui est une personnalité extraordinaire. Elle est venue en France en suivant son mari, sans savoir ni écrire, ni parler le français, et elle n’a donc eu accès qu’à des boulots peu considérés. Elle a fait des ménages toute sa vie et a commencé à parler et à écrire sur le tard, car ses horaires et ses difficultés de vie ne lui laissaient guère de temps pour apprendre. Elle a appris quasiment seule, en déchiffrant puis en lisant tout ce qui lui tombait sous la main. Aujourd’hui, son expression est riche et minutieuse, on sent un besoin de l’exactitude du mot qui exprimera sa pensée ou son ressenti. »
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Même si Fatima est le personnage principal du film, Philippe Faucon s’est attaché à dépeindre le portrait de trois femmes vivant au sein d’une même cellule familiale mais appartenant à trois générations différentes. Ces trois femmes possèdent un univers qui leur est propre et qui est une source de séparation entre elles, surtout au niveau de la langue : « Fatima ne comprend rien à la langue des études qu’a entreprises Nesrine, ni au langage de la rue qui est celui de Souad. De même, les deux jeunes filles ignorent tout de ce que leur mère écrit en arabe dans son cahier », analyse le cinéaste.
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La thématique de la violence est aussi dépeinte dans le film. Elle peut prendre plusieurs formes, allant de la violence insidieuse de la bourgeoise qui emploie Fatima, celle sous-jacente de la propriétaire qui refuse de louer son appartement à une femme voilée, et celle beaucoup plus explicite de l’adolescente Souad qui peut parfois être méchante avec sa mère. « La violence de Souad est en lien direct avec celle subie par Fatima, même si Souad dirige aussi la sienne contre sa mère, à qui elle reproche d’être une ‘‘ cave ’’ tout juste bonne à se laisser exploiter. Mais il y a un moment où Souad craque et où l’on voit bien qu’à l’origine de sa fureur, il y a la non-acceptation de ce qui est vécu par sa mère. Fatima le comprend lorsqu’elle écrit dans son cahier : « Là où un parent est blessé, il y a un enfant en colère » », commente Philippe Faucon.

Comments

  1. SPORTISSE Michel says:

    Depuis toujours, Philippe Faucon n’a jamais voulu se situer autre part que dans la vie. « Dans la vie » (2008), c’est d’ailleurs le titre d’un de ses films, le plus simplement touchant, le plus authentique qui soit : l’amitié entre Esther et Halima, l’une juive et l’autre musulmane, mais toutes deux issues d’un milieu modeste. A nouveau, Philippe braque sa caméra sur une femme de ménage, Fatima, et c’est encore bouleversant parce que les faits relatés me rappelle une histoire personnellement vécue. Le cinéaste ne quitte jamais le terrain de la réalité et s’attache à une communauté qu’il connaît ici et là-bas également, lorsqu’il s’y trouve – il a vécu deux ans au Maroc et deux ans en Algérie. A travers un conflit historique qui laisse de dures stigmates (« La Trahison », 2005) ou les dérives tragiques auxquelles peuvent s’exposer des jeunes désespérés et en crise identitaire (« La Désintégration », 2011), Philippe Faucon reste un homme des deux rives. « Fatima », son dernier film, fait encore honneur au cinéma français.

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