Dans les salles lyonnaises : No de Pablo Larrain

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de Pablo Larrain
Avec Gael Carcia Bernal, Alfredo Castro, Antonia Zegers
Chili, USA-  2012 – 1h55
Date de sortie : 6 mars 2013


Synopsis : Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale consent à un référendum sur sa présidence en 1988, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de leur campagne. Avec peu de moyens et sous la surveillance constante des hommes de Pinochet, Saavedra et son équipe conçoivent un plan audacieux pour remporter le référendum et libérer leur pays de l’oppression.

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Pablo Larrain (réalisateur remarqué de Tony Manero et Santagio 73) s’intéresse ici à ceux qui ont dit « Non ! » à Pinochet et qui ont tout mis en oeuvre pour convaincre leurs concitoyens.

C’est un film où les mondes de la politique et du spectacle cohabitent. Avec intelligence et humour, le cinéaste rend hommage aux créateurs médiatiques qui ont joué un rôle prépondérant dans l’histoire de son pays.

Ce film historique au contexte douloureux va pourtant être le théâtre d’une véritable ode à la joie, par le biais d’une campagne follement audacieuse. Cette dernière ne sera pas fondée sur les dénonciations des actes odieux et inhumains du régime, mais sur des spots mielleux et rose bonbon vendant aux électeurs tout simplement une vie meilleure, un billet d’entrée dans le monde des Bisounours. Tout cela au rythme de « La Joie arrive enfin ! », chanson-slogan digne d’une pub de la famille Ricoré. De quoi bien rire aujourd’hui de ce kitsch estampillé années 1980

On rit beaucoup, pourtant la toile de fond est loin d’être drôle. La tension est palpable dans quelques scènes de surveillance rapprochée de ceux qui mènent la campagne du non. On se demande souvent quand on va basculer dans le drame. Le ton reste pourtant léger,  même si le regard du réalisateur est, à l’occasion d’une pirouette finale, sans illusion et chargé d’amertume sur la société capitaliste qui va se mettre en place après la chute de Pinochet.

Toute la qualité du film est de ne jamais juger personne, que ce soit les publicitaires ou les citoyens mais de simplement rendre compte du déroulement des événements par le simple pouvoir de l’image. Et d’ailleurs c’est dans une mise en abyme assez géniale que nous convie Pablo Larraín puisqu’il a décidé de tourner son film dans un format 4/3 et de donner à l’image une qualité vidéo/VHS. Ce qui pourrait apparaitre au départ comme une coquetterie un peu dispensable pour évoquer les années 80 est en fait un vrai geste de mise en scène en ce qu’il nous confronte à des images qui sont structurellement les mêmes que celles que produisaient les publicitaires de l’époque.

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Pablo Larrain

Pablo Larraín est né au Chili en 1976. Après avoir étudié la mise en scène, il fonde Fabula, une société consacrée au développement de projets audiovisuels et de communication. C’est au sein de celle-ci qu’il produit et réalise son premier long métrage Fuga, sorti sur les écrans en mars 2006. En 2006, il produit La Vida me mata réalisé par Sebastián Silva. Tony Manero est son deuxième long métrage.

Filmographie (longs métrages du réalisateur)

  • 2012 : No
  • 2010 : Santiago 73, post mortem
  • 2008 : Tony Manero
  • 2006 : Fuga

Consulter les horaires du film dans les salles de Lyon et de sa région : ici

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