Dans les salles lyonnaises : Kurdish Lover de Clarisse Hahn

Projeté mercredi 16 janvier, dans le cadre du ciné-club Enjeux sur Image, Kurdish Lover est à l’affiche du cinéma Opéra.

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Kurdish Lover
Réalisé par Clarisse Hahn
Documentaire
France – 2010 – 1h38
Date de sortie 12 septembre 2012

Synopsis : « Le Kurdish lover, c’est Oktay, l’homme d’origine Kurde dont je partage l’existence. Nous sommes partis chez lui, dans une région sinistrée, figée par la guerre et la misère.
Comment les gens vivent-ils ensemble à cet endroit? C’est la question que pose ce film. Au Kurdistan, on vit dans une grande proximité physique et morale. L’amour se confond souvent avec l’emprise. Et c’est avec un humour souvent noir que les personnages du film trouvent le moyen d’affirmer qu’ils existent bel et bien, au milieu de leur communauté.
Un chamane entre en transe devant la télévision, une bergère habite au sommet de la montagne et voudrait en descendre, un ermite en manque de sexe rêve de se marier, des militaires surveillent le village, une vieille femme empêche sa belle-fille d’apprendre à lire, une brebis est sacrifiée et partagée entre les habitants d’un village, un homme venu d’Europe part demander la main d’une jeune fille avec sa mère.
A travers ces situations, on découvre des familles qui trouvent comme elles le peuvent, une façon de vivre ensemble, pour tirer le meilleur – ou le pire – de chaque instant. »

L’origine de Kurdish Lover

Si le projet de Kurdish Lover est né du désir qu’avait la réalisatrice d’aller à la découverte de la famille de son compagnon, il a également vu le jour quelques mois avant cette rencontre amoureuse, d’une manière impromptue : « Par un jour de grande chaleur, les Kurdes manifestent à Paris. Ce sont presque exclusivement des hommes qui dansent torse nu et qui crient des slogans politiques« , explique Clarisse Hahn. C’est à la vue de ces corps d’hommes que de premières images sont nées, comme une première phase avant la réalisation de Kurdish Lover : « Je filme depuis ma fenêtre quelques images de ces corps d’hommes, que la danse soude les uns aux autres. Ces images volées me donnent envie de connaître un peu plus les Kurdes, de me rapprocher d’eux. »

Immersion

Pour pouvoir proposer aux spectateurs des scènes révélatrices du village kurde, la réalisatrice a dû s’y immerger à 100%. Elle a découvert une culture différente de celle du monde occidental, où la communauté est plus importante que l’individu seul :  « En passant du temps avec eux,j’ai eu peu à peu le sentiment que chaque membre de la commu-nauté vivait en symbiose avec les autres, comme s’ils étaient tous les membres d’un même corps. Les événements de la vie personnelle sont immédiatement partagés avec le groupe. ».  Clarisse Hahn

Grâce à cette approche, Clarisse Hahn a capté des scènes variées de cette communauté, qui figu-rent dans le documentaire.

Un tournage avec un matériel très léger

La zone où a été tourné Kurdish Lover est dangereuse, comme l’explique la réalisatrice : « 

« Les gens que j’ai filmés vivent au Kurdistan Turc. ils font partie des villageois qui, pour avoir aidé la guérilla, ont subit des violences physiques. Les militaires ont détruit leur village et les ont déplacés au pied des montagnes. Le village où se déroule le film, est encore fréquemment traver-sé par des patrouilles militaires. La surveillance de l’armée rend difficile la présence d’équipes de tournages dans cette région. En filmant seule, avec un matériel léger, j’ai pu réaliser ce film sans me faire remarquer. » Clarisse Hahn

Clarisse Hahn : de l’art contemporain au long métrage

Clarisse Hahn appartient à cette nouvelle génération de cinéastes qui, venus de ce qu’il est con-venu d’appeler « l’art contemporain », renouvellent en profondeur le cinéma. On pourrait presque dire qu’ils lancent un défi au « vieux » 7e art en important dans le format bien défini du long métrage et dans le circuit de la diffusion en salles,une audace et une liberté qui caractérisent la création dans le domaine des arts plastiques.

Après un documentaire sur sa propre famille, les Protestants, elle a transporté sa caméra au Kurdistan, au sein de la famille de l’homme qu’elle aime, et cela de telle façon que tous les sens du spectateur semblent se confondre avec les siens. Lorsqu’elle filme une conversation familiale à laquelle elle-même participe, lorsqu’elle pose sa caméra à quelques centimètres d’une banquette sur laquelle s’agglutinent plusieurs personnes, c’est comme si le spectateur reniflait l’odeur des couvertures.

Pas d’explication, pas de voix off, simplement un temps de prise qui se confond avec celui d’une dispute ou d’une hésitation ou d’une occupation quotidienne et qui immerge dans une réalité aussi opaque et aussi prenante que si nous devions nous y débrouiller par nous-mêmes.

Kurdish Lover et la presse

« Le plus beau du film tient à sa manière de ne pas regarder avec une fausse distance objective la réalité qu’il rencontre mais d’en faire constamment un objet d’expérience possible. » Guillaume Orignac, Chronic’art.com

« Dans les débats vifs qui sont autant de longues séquences, tout un spectre de sentiments se fait jour, circulant des villageois aux spectateurs. Clarisse Hahn parvient ainsi à nous nouer à eux, à créer une relation d’altérité qui constitue sous nos yeux ce peuple invisible qui met quotidiennement son unité à l’épreuve. »  Sophia Collet, Critikat.com

« A moins d’avoir une connaissance précise de l’histoire et des us et coutumes kurdes, on ira de questionnement en étonnement. Jusqu’à l’émerveillement. »  Thomas Sotinel, le monde

Nominations et prix

Kurdish Lover est un film qui a été diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde : aussi bien à Paris (« Cinéma du réel ») qu’à Montréal (« Festival des films du monde ») en passant par Rio de Janeiro (« International Women’s Film Festival »).

Le film a aussi remporté un certain nombre de prix, notamment au festival « Entrevues » de Belfort (Prix du film français, Prix du public) ou encore au festival « Trace de vies » à Clermont-Ferrand (Grand Prix).

Consulter les horaires du film dans les salles de Lyon et de sa région : ici

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